Le terme « dyspareunie » vient du grec dys signifiant difficulté et pareunie signifiant accouplement. Il s'agit donc d'une douleur qui apparaît au moment du rapport sexuel. C'est le moment de la survenue de la douleur qui caractérise ce terme (au moment de l'acte sexuel) et non l'endroit anatomique (avoir mal au niveau du bas ventre pendant les règles n'est pas une dyspareunie).


Le terme s'utilise aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Il intéresse environ 3 % des couples et est un motif impérieux de consultation
 
 
lorsque le seuil de tolérance à la douleur est franchi car ces douleurs envahissent le bon fonctionnement et l'harmonie des deux partenaires. En l'absence de prise en charge, le désir va s'effondrer progressivement.


Pour les femmes ces dyspareunies peuvent être occasionnelles, chroniques, concerner une partie de l'appareil génital seulement ou le tout, mais dans tous les cas elles affectent le psychisme lorsque la gêne voire la douleur deviennent fortement présentes et obsédantes.
 
 
Les dyspareunies sont de plusieurs types, cependant la possibilité de les repérer durant le coït et même bien après permet de mieux les caractériser et donc de les traiter plus aisément.
37788607_xxl
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Un questionnement est nécessaire sur les antécédents gynécologiques et obstétricaux ainsi que sur le type de contraception passée et actuelle. L'histoire de la sexualité est prise en compte : succès et échecs, sentiments actuels devant ces déboires, état du couple, retentissement sur la sexualité.

Un examen médical est nécessaire afin de dépister éventuellement un herpès, un tissu cicatriciel douloureux, une ulcération, une infection, des fissures annales, une malformation de la vulve, une sècheresse vaginale post-ménopause et des irritations chroniques. 
Le vagin, le col de l'utérus (infection), l'utérus (endométriose), une déchirure des ligaments lors de l'accouchement ne doivent pas être négligés, de même que les pistes de colite ou de constipation.
 

Lorsque le médecin spécialiste n'aura pas découvert une cause organique, il faudra s'orienter vers un sexothérapeute afin d'aider la femme à s'aventurer moins seule dans le labyrinthe de la psychosomatique.

Les causes psychiques sont multiples : une éducation sévère avec la culpabilité d'éprouver du plaisir et de se lâcher, des relations conflictuelles avec le conjoint auquel il est parfois plus facile de déclarer « j'ai mal » que « je n'ai pas envie », un refus de la sexualité ou de la féminité en général, la peur de l'homme ou les suites d'une agression sexuelle, une trouble sexuel venant du partenaire (éjaculation précoce, dysérection, anéjaculation).
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Les dyspareunie d'ordre physiologiques doivent être diagnostiquées puis traitées sur un plan médical. Le conjoint est invité à faire preuve de patience, de douceur, de dédramatisation, ce qui n'est pas toujours facile et nécessite un travail thérapeutique.

Pour les dyspareunies dont les causes sont psychiques, un dialogue s'instaure entre la patiente et le sexothérapeute ; celui-ci peut avoir recours à la relaxation, à la visualisation d'une scène amoureuse agréable et non douloureuse, à de la pédagogie sur la sexualité et l'anatomie.
La notion de l'orgasme féminin est aussi à prendre en compte : la femme peut à nouveau éprouver progressivement du plaisir dans une zone qui n'était que source de douleur et d'insatisfaction.

Il est préférable d'intégrer le couple dans cette démarche, en séances à deux par exemple alternées par des séances individuelles des partenaires.